La théorie de la modélisation

Roger Bacon

 

Né vers 1214, étudiant à Oxford dans les années 1230, élève de Robert Grosseteste, franciscain, il enseigne à Paris de 1236 à 1247. De retour à Oxford en 1252, il semble y enseigner jusqu'en 1257.

 

Il incarne toutes les tensions des docteurs franciscains qui cherchent à concilier la spiritualité et les exigences d'un enseignement tout à la fois rationnel et doctrinal. Son maître Robert Grosseteste s'efforça de composer entre ses exigences humaniste et théocentrique des maîtres franciscains. 

 

R. Bacon établit une méthode expérimentale, l'observation rigoureuse productrice des données de fait, relayée du langage mathématique qui élabore et démontre. Si toute science requiert les mathématiques, c'est que ces dernières sont les seules à élaborer de vraies démonstrations dont les raisonnements logiques sont indiscutables.

 

Ainsi, la science expérimentale renforcée de la discipline des mathématiques dispose  de règles et méthodes de démonstration. R. Bacon accorde à l'expérience ce primat qui établit des vérites éclairées du raisonnement mathématique dont les conclusions font alors autorité. Cette autorité ne tient donc pas de la Révélation et de la Foi, mais bien de l'expérience et des mathématiques. L'autorité ne suffit donc pas sans le raisonnement etayé de l'expérience :

" Ut quiescat animus in intuitu, nisi eam inveniat via experitientiae."

                                                                               Opus Majus

 

R. Bacon est à cet égard un critique de la scolastique alors à son apogée, et sa position annonce les postures philosophiques de la Renaissance humaniste où la Raison primera sur la Foi.

 

Parallèlement à cette émergence de la culture mathématique, le Doctor Mirabilis exprime toute l'importance des sciences de l'interprétation et des langues qui sont les premières conditions du savoir : le grec, le latin, l'hébreu utiles à la restitution des textes sacrés.

 

PRESENTATION

R. Bacon est à situer dans l'effervescence intellectuelle du XIIIe siècle et dans l'agitation théologique et philosophique des Maîtres franciscains. L'influence franciscaine est à la mesure de ses Maîtres dont Saint Bonaventure et des controverses qui les opposent aux dominicains dont Saint Thomas d'Aquin. Ces derniers assimilent les philosophes antiques et Saint Thomas d'Aquin développe ce réalisme qui s'appuie sur les conditions sensibles de la connaissance intellectuelle et le pouvoir de la raison naturelle d'atteindre et de connaître Dieu; alors que les franciscains affirment la primauté absolue du divin et la nécessité de sa grâce pour que l'intuition agisse dans des actes d'amour et de volonté qui surpassent l'intelligence limitée.

Ces deux aspects de la connaissance humaine expriment les deux points de vue de l'ascension de l'homme vers Dieu pour les dominicains et de l'illumination divine qui éclaire l'homme pour les franciscains. Cette complémentarité devient vite opposition voire concurrence entre les ordres. Saint Bonaventure résume la situation en cette formule (1) :

" Les prêcheurs s'adonnent surtout à la spéculation, de quoi ils ont reçu leur nom, et ensuite à l'onction; les mineurs s'adonnent principalement à l'onction et ensuite à la spéculation."

 

A cet égard, Saint François d'Assise ne prévenait-il pas contre les sciences vaines qui ne naissent pas de la sagesse et de la Révélation chrétienne ? La spéculation est légitime si elle prend sa source dans la pratique de la vie spirituelle, puisque la seule véritable science est celle enseignée par le Christ. En cela héritier de Saint Paul, Saint François prolonge cet enseignement selon lequel le Christ est la source de toute science. Il s'oppose à ce que les franciscains perçoivent comme les tendances rationalistes et intellectualistes dont ils font reproches à Saint Thomas d'Aquin; celui-ci faisant selon eux, une trop grande place à la logique d'Aristote et à la science philosophique des anciens.

Il n'est donc pas surprenant de retrouver chez R. Bacon cette tension entre deux aspects de la théorie de la connaissance dont l'équilibre tient au respect des deux faces de cette réalité de la connaissance humaine : intuitive et rationnelle; connaissance reçue de Dieu et connaissance produite par l'homme.

Mais R. Bacon va-t-il préserver cet équilibre entre l'illumination, la grâce et la Révélation et l'enseignement méthodique et rationnel sans déjuger les mystères de la doctrine ? Tout l'équilibre de la pensée chrétienne du XIIIe siècle résulte de cette acceptation de l'équivocité de la connaissance selon qu'elle soit perçue de l'homme vers Dieu ou de Dieu vers l'homme. A cet égard, les deux principaux docteurs - Bonaventure et Thomas - partagent cette synthèse où l'acte de foi se nourrit de la grâce et l'acte de raison se construit par l'expérience. Les deux sont toutefois indissociables puisque la seule intuition est fragile et que la seule raison est insuffisante. La pensée chrétienne compose ce que les siècles suivants considéreront comme irréconciliable : l'intuition théocentrique provenant de la grâce et la raison humaniste résultant de l'expérience. L'acte de foi emporte avec lui l'intuition et l'amour consécutif de la Révélation ainsi que son pendant, soit l'élévation de l'homme par sa connaissance sensible qui s'appuie sur les dons de la création permettant d'entrevoir l'ordre surnaturel auquel il participe. Les deux sont simultanément actes de foi et de raison.

 

R. Bacon hérite des enseignements de R. Grosseteste pour qui la spéculation métaphysique est compatible avec la science expérimentale et l'usage des mathématiques qui expliquent les phénomènes physiques. Mais nombreux sont ceux qui usent de la géométrie dans des travaux d'optique pour améliorer des loupes, lunettes et miroirs destinés à des observations dont l'astronomie; là où la conjonction de l'instrument, des observations et des modèles géométriques démontrent leurs puissances opérantes et prédictives. Fort d'une culture des avancées des sciences et techniques, R. Bacon consacre son temps à ses recherches, avec passion dit-il. Il faut s'attarder à son attrait pour une vie toute entière consacrée à l'érudition dont il témoigne lorsqu'il s'adresse au pape Clément IV dans son Opus Tertium vers 1266 (2):

" J'ai beaucoup travaillé les sciences et les langues; je m'y suis appliqué pendant quarante ans depuis que j'ai eu appris l'alphabet; pendant ce temps là je n'ai jamais été sans étudier, excepté pendant deux ans."

 

Cet attrait en faveur de l'établissement d'une connaissance érudite traduit sa conviction qu'une nouvelle philosophie est possible et souhaitable par la combinaison de l'expérience et de l'usage des mathématiques qui contribuent à en saisir les modèles. Il faut ici souligner trois aspects essentiels de sa pensée :

1. Les mathématiques sont le modèle du monde

2. La métaphysique a peu d'intérêt

3. Les bienfaits de la science sont une promesse pour l"humanité

 

1. Les mathématiques sont le modèle du monde

S'il est une intuition; c'est cette affirmation que les mathématiques sont la science qui apporte aux autres sciences les modèles qui permettent de comprendre, d'expliquer, mais plus encore d'expérimenter, d'insérer et de construire à partir de ces modèles. La géométrie et l'optique illustrent cette combinaison que R. Bacon pratiquera lui-même. Les mathématiques étant alors à la base de toute connaissance; elles sont la seule source de la certitude et elles dirigent en conséquence un nouvel ordre de la connaissance. Cette nouvelle foi en une connaissance fondée sur les mathématiques se retrouve en plusieurs endroits de son Opus Majus (3). L'utilité des mathématiques est, selon ses termes, de trois ordres.

Premièrement, qu'elles sont supposées par toutes les autres sciences, que, sans elles, on ne peut étudier avec fruit.

Deuxièmement, qu'elles nous facilitent la solution de plusieurs questions de philosophie naturelle.

Troisièmement, qu'elles rendent les plus grands services au théologien, soit qu'il étudie la science du comput ou qu'il veuille appliquer à l'Ecriture Sainte les principes de la chronologie.

Sa certitude requiert cette foi initiale dans un ordre mathématique de la création qui ne va pas sans difficulté puisqu'elle suppose que la création résulte de ces lois car Dieu en créant aurait fait de la géométrie et de l'algèbre. Est-ce là le Dieu révélé par l'Evangile ? Est-ce le Dieu d'Israël ? L'harmonie platonicienne paraît plus inspirer R. Bacon que l'enseignement du Christ.

 

2. La métaphysique a peu d'intérêt

Fort logiquement, en conséquence de cette primauté du calcul, R. Bacon relègue la métaphysique au second plan. Les arguments déductifs n'ont pas la valeur de l'expérience éclairée du calcul. Son opposition à Aristote et à la métaphysique préfigure la critique scientifique de la métaphysique que réaliseront les modernes durant les siècles suivants. Il est ainsi le premier d'une longue lignée de critiques qui s'éloigneront de la théologie, puis de la métaphysique jusqu'à la condamner. Déjà, R. Bacon la juge insignifiante au regard des perspectives ouvertes par les mathématiques. Ses propos sont radicaux à une époque où le syllogisme aritotélicien règne dans l'ordre de la pensée occidentale (4). Ses jugements sont d'autant plus sévères qu'il remet en cause de façon abrupte l'oeuvre d'illustres prédécesseurs dont Albert le Grand. Il prend ce dernier pour cible du fait d'une érudition métaphysique qu'il consteste selon des arguments qu'un Galilée utilisera pour critiquer la métaphysique, lui aussi, avec véhémence (5).


3. Les bienfaits de la science sont une promesse pour l"humanité

Pour motiver la supériorité de son entreprise face à la métaphysique, il inaugure une argumentation qui sera développée par les modernes. Il oppose déjà l'utilité, le résultat et les progrès de la science face à l'inutile érudition des métaphysiciens. Là encore, R. Bacon construit l'esprit de la modernité, arguant de ses propres travaux, de ses expériences et de ses succès. Il fait par exemple l'apologie des miroirs concaves pour brûler à distance et n'hésite pas à user de l'argument de la puissance et de la domination par l'apologie de la destruction, peu évangélique pour un franciscain (6) :

" Pour combattre les Infidèles que la moitié ou même la totalité de son armée, car, avec des miroirs concaves d'un large rayon, un habile expérimentateur serait capable de détruire toute une armée et un camp ennemi."

Autant par ses recherches que par son érudition des prodiges réalisés par d'autres avant lui de part le monde, il se forge la certitude que les mathématiques sont ce guide qui permettra de découvrir les lois de la nature. Il s'appuie sur ce prestige des oeuvres de la science pour fonder l'autorité d'une nouvelle théorie de la connaissance. La technique manifeste la raison de la supériorité du calcul et la contribution à la construction d'un monde exprime la justesse d'une promesse qui va au-delà de la simple compréhension de la nature (7) :

" Si l'on regarde des lettres ou d'autres petites choses à travers du cristal, du verre ou une autre matière diaphane, et qu'on prenne pour cela une petite portion de sphère tournée vers l'oeil dans le sens de la convexité, celui-ci verra bien mieux les lettres et elles sembleront plus grandes. ... C'est pourquoi cet instrument est utile aux vieillards et à ceux qui ont la vue faible; car les lettres les plus petites peuvent apparaître avec une grosseur suffisante."

Les bienfaits de la science viennent suppléer les défaillances de la nature et elles accroissent les forces de l'homme. La pratique de la science induit des techniques et cette forme de connaissance tire sa légitimité de ce résultat qu'aucun ne saurait contester. Mais est-ce la connaissance selon l'esprit de Saint François d'Assise ? Sommes-nous dans la pratique de l'Evangile ou dans un autre projet, celui de la modernité scientifique et technique ?


QUESTIONS

Les positions de R. Bacon étonnent des lors que l'enseignement du fondateur des franciscains est mis en perspective de cette nouvelle conception de la connaissance dont il est un des premiers apôtres. Trois questions contribuent à prendre la mesure de ce basculement théologique et philosophique qui s'opère avec R. Bacon. Il ne sera pas excessif de parler de révolution théologique pour évoquer ses positions quant à la nature de la connaissance, sa finalité et l'influence de ses considérations sur ses successeurs.

 

Question 1 :

Que distingue la connaissance chez Saint François d'Assise et R. Bacon ?

 

Pour le premier, la connaissance résulte de la grâce et de l'illumination dès lors qu'il s'agit de communier à la vérité du Christ. Une telle primauté s'admet pour autant que la Révélation se vive dans cette pratique religieuse qui procède d'un acte de foi où l'homme s'en remet à l'amour divin et à l'enseignement du Christ. Quoique cela puisse choquer les modernes, l'ordre de la connaissance paraît naturellement guidé par cette absolue supériorité de la Révélation sur toute autre forme de connaissance humaine qui ne prend sa pleine signification qu'en l'éclairant de cette lumière de la Révélation pour lui trouver sa juste place. R. Bacon pose à l'inverse que les mathématiques sont la science de toutes les sciences qui la requièrent. Force est de constater qu'il précise que son usage est salutaire dans la construction des sciences, de la philosophie naturelle et même dans l'interprétation des textes sacrés, à étudier sous l'angle de la chronologie. L'acte de foi s'est donc déplacé, d'une foi en la Parole du Christ à celle de l'ordre des mathématiques qui prévaut et ne saurait être désavoué. Et ce déplacement est possible à la seule condition de considérer que Dieu est mathématicien dans l'acte de la création. Ainsi, l'inversion de l'ordre dans la théorie de la connaissance induit-elle immédiatement une autre conception de la nature divine; celle-ci est en cause et R. Bacon annonce déjà l'horloger de Voltaire.

 

Question 2 :

Qu'introduit le primat des mathématiques et ce monopole de la raison ?

 

Cette primauté n'est pas neutre. En effet, la théorie de la connaissance chrétienne maintient une équivocité entre les savoirs cumulables au titre de l'expérience procédant des sens et de l'activité raisonnée qui l'accompagne - le réalisme thomiste - et les effets de la grâce au titre des oeuvres de Dieu sur les hommes qui procède de l'amour divin agissant sur ses créatures. L'échelle de Jacob (à laquelle nous faisons référence en conclusion de Penser au-delà des mathématiques) est un symbole des plus efficient pour traduire ce mouvement, tantôt ascendant, tantôt descendant; qui reconnaît la part humaine volontaire et déterminée dans l'exercice de cette liberté de s'élever vers son créateur; qui reconnaît aussi la part divine génitrice de la foi chez ses créatures par l'abondance des grâces qui leurs sont accordées. Dieu agit sur des êtres libres et l'homme chemine sur l'échelle à la rencontre des signes divins, voire de ses messagers selon la tradition.

Or, R. Bacon rompt avec cet équilibre des connaissances. Par son affirmation, il abandonne l'équivocité initiale et il opte pour l'exclusivité d'un savoir univoque fondé sur la seule puissance de l'ordre résultant de l'autorité des mathématiques. Ce monopole de la raison calculante simplifie à l'extrême la nature des relations de connaissance que l'homme établit avec la création et le créateur devenu simple calculateur. La connaissance n'est plus un acte d'amour où se révèlent des personnes; elle est le seul résultat de la pénétration d'un monde à construire selon le calcul. La grâce et l'illumination franciscaines ont-elles encore une place dans une telle théorie de la connaissance ?

 

Question 3 :

Qu'annonce le projet de R. Bacon entre intuition et symbolisme logique ?

 

Son affirmation introduit les deux tendances d'une pensée qui ne peut s'exprimer que sous la menace de l'exclusive mathématique : celle d'un mysticisme religieux puis d'un idéalisme dont les élans mystiques de Maître Eckhart aux accents très plotiniens, que la philosophie allemande revendique comme Père; celle du formalisme logique induit des mathématiques dont G. d'Occam sera l'emblème du fait de sa part dans l'expression de la pensée nominaliste, inspiratrice des écoles anglaises : empirisme logique en tête. D'un côté, l'apologie d'une intuition divine ou idéale; de l'autre, une apologie du seul symbolisme logico-mathématique. 

Ainsi, R. Bacon a-t-il posé le principe de la théorie de la modélisation. Le modèle est-il intuitif ou symbolique ? Est-il là, actuel, dans cette intuition de l'unité du monde ou est-il virtuel, dans cette thématisation symbolique qui construit le monde rationnel dans l'histoire ? 

Le projet de R. Bacon annonce la Renaissance, les Lumières et l'ère moderne. Il pose la conception d'une théologie subordonnée à la logique plus qu'à la Révélation; ce qui annonce la critique et la remise en cause des textes sacrés. Toute la modernité est comme en germination dans les principes posés par R. Bacon.

 

PERSPECTIVES

Quoique fasciné par l'ordre mathématique, R. Bacon énonce, trois siècles avant F. Bacon, que l'expérience et la raison sont les sources d'une nouvelle science. Dans la sixième et dernière partie de l'Opus Tertium, intitulée Scientia experimentali, il explique sa pensée quant à la méthode applicable aux sciences. Il y distingue l'expérience et le raisonnement. Certes, il reproche au raisonnement son éventuel caractère déductif qui peut aboutir à des conclusions hatives; c'est pourquoi, il accorde à l'expérience et à la pratique une part essentielle dans la construction d'une connaissance certaine.

 

Mais il inverse l'ordre des croyances issu de la tradition évangélique. L'acte de foi n'a plus le même objet; là est sa révolution. Cette inflexion est déterminante dans l'histoire de la pensée occidentale, puisqu'elle fait passer d'une ère de la théologie rationnelle, selon l'acception thomiste; à une nouvelle ère de la théologie négative où la foi en les mathématiques se substitue aux autres croyances; et ce, de manière exclusive, donc univoque. Si les mathématiques sont le résultat d'un premier acte de foi, elles concrétisent cette théologie négative au fil des assujettissements des sciences expérimentales à la seule calculabilité de leurs objets respectifs qui se dissolvent dans leur quantification et leur modélisation arithmétique. Ce que l'histoire des sciences atteste.

 

Or, ce que R. Bacon inaugure sans en mesurer, peut-être, les limites, ce sont les limites internes d'une connaissance fondée sur cette seule foi là. C'est la raison de cette réference à celui qui inaugure une ère dont Penser au-delà des mathématiques expose qu'elle est parvenue à son terme, incomplétude oblige.

 

__________

 

(1) Hexaëmeron

 

(2) Opus Tertium

 

(3) " Que, dans les mathématiques, nous pouvons arriver à la vérité entière sans mélange d'erreur, parce qu'il faut y obtenir la démonstration par la cause propre et nécessaire."

Opus Majus

 

(4) " Faire bruler tous les livres d'Aristote, que c'était perdre son temps que de les étudier, qu'ils étaient une source d'erreur et servaient à propager l'ignorance au-delà de toute expression, et que la foule des écoliers ne pouvait que perdre la tête sur les passages mal traduits."

Opus Majus

 

(5) " On me reproche d'attaquer certaines sciences et certaines personnes. A cela je réponds que je ne puis servir autrement la vérité, et j'affirme que ne j'agis de la sorte que par nécessité. ... Beaucoup d'hommes honnêtes et qui passent pour instruits, me disent que la philosophie est achevée et qu'on ne peut rien ajouter à celle qu'on enseigne de notre temps à Paris. ... C'est pourquoi tous ses ouvrages ne sont d'aucune utilité et nuisent au contraire à la vraie philosophie."

Opus Tertium

 

(6) Opus Tertium

 

(7) Opus Majus